Rôle des composants principaux des glaçures à hautes températures

La silice SiO2

La silice est l’oxyde fondamental du verre. Les glaçures céramiques sont surtout composées de silice, les autres composants ne servent en réalité qu’à la modifier pour abaisser son point de fusion ou lui donner d’autres propriétés, telles que l’alcalinité, l’opacité ou la matité.
Les glaçures à hautes températures de cuisson (1240° ou plus) contiennent une quantité de silice égale à 3 à 4 fois la quantité totale des autres composants.
Seule, la silice fond à 1710°.
A peu près 60% de la croûte terrestre sont constitués de silice. Ce fait témoigne de la dureté de cet oxyde, de sa durabilité, de sa résistance aux transformations chimiques ou à la dissolution. C’est elle qui transmet ces caractéristiques aux glaçures.

L’alumine Al2O3

L’alumine est très réfractaire et, seule, elle ne fond pas au-dessous de 2O40° environ. Pour cette raison il ne faut pas en mettre trop dans les glaçures, sinon elles ne parviendrait pas à cuire convenablement et seraient sèches d’apparence. L’alumine rend la glaçure en fusion plus visqueuse, moins apte à couler le long des parois verticales. C’est une propriété indispensable aux glaçures pour beaucoup de raisons d’ordre pratique. Une autre fonction
L’alumine augmente la dureté des glaçures, leur durabilité et leur résistance aux tensions. A cause de son point de fusion élevé, elle apporte opacité et matité à toute glaçure si la quantité employée dépasse un certain seuil qui dépend de la composition de la glaçure et de sa température de cuisson.
Importante de l’alumine est d’empêcher la recristallisation de la glaçure pendant le refroidissement. Sans alumine, bien des glaçures seraient dévitrifiées pendant cette période, opaques et elles auraient des surfaces rugueuses ou elles auraient des textures tachetées. L’alumine dans le verre encore en fusion, ralentit la prise en empêchant les autres composants de se recristalliser ensemble.

L’oxyde de sodium Na2O et l’oxyde de potassium K2O

L’oxyde de sodium et l’oxyde de potassium sont chimiquement très actif et agissent dans les glaçures comme des fondants puissants. La seule source naturelle d’oxydes de sodium et de potassium à l’état insoluble est le feldspath.

L’oxyde de calcium CaO

Beaucoup de glaçures contiennent de l’oxyde de calcium.
Bien que son point de fusion soit très élevé, 2572°, il agit surtout dans les glaçures comme fondant. Dans les glaçures à haute température de cuisson, il peut être le fondant principal.

L’oxyde de magnésium MgO

L’oxyde de magnésium est surtout utilisé comme fondant aux hautes températures. A haute température, l’oxyde de magnésium peut donner aux glaçures une surface douce, « beurrée ».

Ces oxydes qui composent les glaçures, ont les trouvent dans les roches, ou dans des cendres.

 
 

Matières premières présentes dans la glaçure choisie

Le feldspath

Le feldspath est l’un des éléments les plus importants des glaçures. Il est source de Na2O et K2O (fondants).
Il est composé :

  • d’une partie alcaline (sodium, potassium)
  • d’alumine
  • de silice

Les formules des feldspaths purs sont les suivantes :

  • Orthoclase K2O, Al2O3, 6SiO2
  • Albite Na2O, Al2O3,

Ces formules représentent la composition théorique de ces minéraux. Les feldspaths proviennent de carrières.
Les fournisseurs ont la possibilité de mélanger le produits d’une ou plusieurs carrières pour assurer une composition du mélange. Ils fournissent une analyse chimique de leur produit qui permet de calculer la formule.

Le silex SiO2

Le silex est employé dans les glaçures comme principale source de silice. Du point de vue minéralogique c’est une variété de quartz qui possède une structure cristalline extrêmement petite. Le silex utilisé en poterie peut s’obtenir par pulvérisation de n’importe quelle espèce de quartz cristallin en une poudre fine.

La dolomie CaCO3, Mg CO3

La dolomie est un minéral naturel contenant, en parties égales, du carbonate de calcium et de magnésium. On peut l’employer dans les glaçures dans la mesure où on désire à la fois du calcium et du magnésium.

Carbonate de chaux ou carbonate de calcium (craie)

Le carbonate de calcium est la source la plus courante d’oxyde de calcium dans les glaçures. On l’obtient en broyant du marbre, des pierres à chaux, de la craie ou n’importe quel autre minéral calcaire. Par précipitation, on obtient un produit d’une très grande pureté.

Kaolin

Le Kaolin est une argile relativement exempte de fer, il ne donne donc aucune couleur aux glaçures. Il est source de silice et d’alumine (Formule théorique : Al2O3, 2 SiO2).

Cendre d’os

La cendre d’os ou phosphate de calcium est un opacifiant et une source de calcium. Le phosphore donne une opalescence qui provient des innombrables petites bulles prises dans la glaçure.

Oxyde d’étain

L’oxyde d’étain est un opacifiant.

L’oxyde de cuivre

Depuis l’antiquité, l’oxyde de cuivre a été employé pour donner les bleus et les verts dans les glaçures.
L’oxyde de cuivre est un fondant actif et son addition peut rendre une glaçure notablement plus fluide et brillante en surface.

 

Bibliographie :

  • Murfitt Stephen, L’art des glaçures, Editions Fleurus, 2003
  • Rhodes Daniel, terres et glaçures, dessain et tolra, 1984
  • Valtat Alain, Introduction à une pratique expérimentale des glaçures 1250-1320C première partie.
 
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